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Main de Texas hold'em

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table de poker


Blinds : 300-600
Table : 4 joueurs
Lieu : tournoi live
Position : petite blind
Main : 6trèfle 6coeur
Places payées : 3

(joueur D au bouton, joueur C à la Small Blind, joueur B à la Big Blind)

Joueur A se couche, joueur D relance à tapis depuis le bouton pour un total de 6200. Après une demi-minute d'hésitation, le joueur C paye et abat 6trèfle 6coeur. Le joueur D montre 5carreau 5coeur.


Tableau :

Acoeur 10carreau 2pique Qcarreau 8trèfle

Le joueur D est éliminé en 4ème position (bubble boy).

Move à tapis du joueur D

Partir à tapis avec une simple paire de 5 est risqué. Cependant, les blinds sont élevés et il y a donc 900 à prendre à chaque coup, une opportunité qu'il ne vaut mieux pas laisser filer à ce stade du tournoi. Etant donné la taille des tapis des joueurs C et B situés respectivement à la small et à la big blind, le joueur D estime logiquement qu'ils n'engageront pas tous leurs tapis avec une main moyenne. Il espère ainsi faire coucher des mains telles que AJ, A10, A9, A8 suited ou encore des petites ou moyennes paires (jusqu'à 99).

Le joueur D doit être conscient du fait que s'il est payé, il y a de fortes chances qu'il soit dominé. En effet, il aurait environ 52% de chances de l'emporter contre des mains telles que AK, AQ, AJ ou KQ offsuit, 50% environ face à ces mêmes mains pareillées et seulement 20% face à une paire supérieure.

Quelles étaient alors les autres possibilités pour le joueur D ?
- Se coucher : Hors de question ! A 4 joueurs, jeter une paire servie relève de l'incompétence !
- Caller : Choix peu judicieux. En effet, dans une situation de partie short-handed telle que celle-ci, un call révèlerait une certaine faiblesse. De plus, caller permettrait aux joueurs C et B de rentrer dans le coup avec des mains marginales. Le joueur D n'aurait aucune visibilité sur le jeu adverse et devrait s'en remettre à son instinct et à sa lecture sur le flop (ex : Si le joueur C a 78 offsuit et le joueur B Q6 offsuit, le joueur D n'a plus qu'environ 30% de chances d'emporter le pot).
- Relancer : Cela semble être la meilleure solution. Bien que n'étant pas une main qui déplace des montagnes, la paire de 5 reste une main forte à 4 joueurs. Une relance classique de 3 fois la big blind aurait-elle dû être envisagée ? Oui... et non ! Cette relance a un avantage, celui de ne pas risquer toute sa partie. Le joueur D aurait pu se coucher si le flop n'avait pas été avantageux, il lui serait resté 4400 en jetons. En outre, il faut se rappeler que le joueur D est au bouton et qu'il aura donc l'avantage de la position au flop. En cas de check adverse, un simple continuation bet aurait pu lui permettre de s'octroyer le pot.

Ceci dit, ne disposant plus que de 4400 en jetons, le joueur D se serait retrouvé dans une situation très périlleuse étant donné la hauteur des blinds. En effet, il est commun d'estimer qu'un joueur est short stack quand son tapis est inférieur à 10 fois la big blind (ici 6000). Avec 6200 devant lui, le joueur D est à la limite. Ainsi, engager près d'un tiers de son tapis dans ce pot au risque de se retrouver short stack en cas d'attaque adverse sur le flop peut, à juste titre, ne pas sembler particulièrement judicieux. Avec un tapis restant avoisinant les 4000, le joueur D ne pourrait plus ou moins survivre que pendant 4 tours de jeu (4 tours durant lesquels il n'aura aucune assurance de se revoir distribuer une main de ce calibre).


Le call du joueur C

Ce call peut être qualifié de brillant, de courageux ou de très périlleux.

Le joueur D ayant relancé au bouton, les blinds étant élevées et son tapis relativement faible, son move à tapis peut apparaître aux yeux du joueur C comme un simple vol de blinds. Cependant, il est important de rappeler que seuls les 3 premiers joueurs sont payés et que sortir du tournoi à ce moment signifie être le bubble boy. Son tapis ne s'élevant qu'à 6500, le joueur C ne dispose pas d'une véritable marge de manoeuvre. Ainsi, payer le all-in adverse signifierait engager la quasi-totalité de ses jetons et par conséquent jouer sa partie sur ce coup. La paire de 6 n'apparaît pas ici comme une main suffisamment puissante pour affronter le tapis adverse. En effet, dans le cas où le joueur D possèderait une main marginale telle que K8 suited, 9-10 suited ou encore Q-10 offsuit, le joueur C n'aurait en moyenne que 50% de chances d'emporter le coup.

La question est donc de savoir si le joueur C a l'envie et/ou le courage de se lancer dans un coin flip périlleux pour la quasi-totalité de ses jetons. En outre, il pourrait très bien se retrouver face à une paire supérieure auquel cas il serait archi-dominé (80/20). En effet, si le joueur C estime que l'attaque du joueur D n'est pas un simple vol de blinds, il se doit de savoir que dans la meilleure des situations il se retrouverait dans une situation de coin flip (si le joueur D détient deux overcards).

On peut également estimer que le joueur C réalise un call brillant et réfléchi ! Une fine connaissance de l'adversaire a pu l'amener à estimer que sa paire de 6 était favorite. De plus, le joueur C dispose d'un tapis assez faible. Par conséquent, doubler son tapis commence à devenir intéressant voire nécessaire. Doubler permettrait d'aborder la fin du tournoi dans de bien meilleures dispositions. Le jeu peut sembler en valoir la chandelle ! Tenter le tout pour le tout afin de s'assurer un tapis conséquent était une option valable, le joueur C a joué pour gagner et non pour survivre.

Conclusion

Au final, le call du joueur C s'avère être payant. Cependant, il paraît bien périlleux de jouer toute sa partie avec une simple paire de 6 au risque de finir à la pire place possible. Or, au poker, seuls les résultats sur le long terme ont une véritable valeur. C'est pourquoi je conseille dans ce cas de se coucher humblement et d'attendre une meilleure opportunité pour pousser tous ses jetons au centre de la table.


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